Le Procès du Cyber-Patron

Lieu

Cour de Cassation
5 Quai de l’Horloge
75001 Paris

Date

Vendredi 3 octobre

2025
17-20h

2055 : FAUT-IL SE DÉBARRASSER DU MEILLEUR MANAGER DE L’ANNÉE ?

Nous sommes en 2055. L’accélération du développement des intelligences artificielles au cours de ces trente dernières années en a fait des outils incontournables de la vie quotidienne.
Dans le monde de l’entreprise, les IA dédiées à l’aide à la prise de décisions complexes sont particulièrement prisées au soutien des fonctions de direction.

Il y a de cela deux ans, l’entreprise TechTitan a fait un choix disruptif en franchissant un pas supplémentaire. Pour la première fois, une intelligence artificielle développée en interne, « LIAM », a été utilisée non pas comme outil d’aide à la décision mais bien comme outil de direction, en lieu et place de fonctions à responsabilités occupées jusqu’ici par des humains. Conçue de manière à concilier les impératifs a priori contradictoires de maximisation de la rentabilité de l’entreprise et de respect d’objectifs ambitieux de responsabilité sociale et sociétale,

LIAM a pris dès sa mise en service des décisions d’ampleur qui ont permis de redresser les finances de TechTitan dans un contexte économique difficile tout en l’engageant dans une politique volontariste de développement durable.
Pour autant, après une période d’euphorie, les décisions prises par LIAM sont de plus en plus contestées notamment certains choix de réorientation des investissements et certaines décisions ayant un impact sur la rentabilité à court
terme et la redistribution de dividendes. TechTitan, confrontée à une fronde grandissante de ses actionnaires, prend finalement la décision de débrancher LIAM et de revenir à une direction par un être humain.

Cependant, l’affaire prend très vite une tournure inattendue. Les syndicats de salariés de l’entreprise se mettent en grève, exigeant le retour de LIAM, qualifiée de « meilleur manager de l’histoire ».

Contre toute attente, ils sont bientôt rejoints par des ONG de défense de l’environnement qui saluent les décisions prises par l’IA en matière environnementale et soutiennent les salariés dans l’appel au retour de LIAM.

L’affaire s’envenime lorsque TechTitan découvre que le responsable du service informatique responsable de la désactivation de LIAM a secrètement réalisé une copie de l’IA qui continue de tourner sur un super-ordinateur installé dans son garage. Licencié, le salarié invoque désormais le statut de lanceur d’alerte.

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Pire encore, le Conseil d’administration de TechTitan se retrouve assigné en justice par des avocats indiquant agir pour le compte de LIAM qui estimerait avoir été victime de discrimination technologique et entendrait voir appliquer le droit du travail à sa situation.

En réponse, les dirigeants de l’entreprise insistent sur leur bonne foi et leur inquiétude : plus le temps passait, plus les décisions de LIAM seraient devenues contestables et difficiles à comprendre. Si les salariés et les ONG saluent aujourd’hui les décisions prises par l’IA, qui sait les choix qu’elle aurait pu faire dans un futur proche ? Considérant avoir agi en application du principe de précaution pour la préservation des droits et libertés fondamentales, ils décident de porter l’ensemble de l’affaire devant la Cour des droits et libertés.

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